ACTE III, SCÈNE I. 461
ACHORÉE.
Un orgueil noble et juste, et digne d’une reineQui soutient avec cœur et magnanimitéL’honneur de sa naissance et de sa dignité :
Lui pourrai-je parler?
CHARMION.
Non ; mais elle m’envoieSavoir à ect abord ce qu’on a vu de joie 1 ;
Ce qu’à ce beau présent César a témoigné 2 3 ;
S’il a paru content, ou s’il l’a dédaigné;
S’il traite avec douceur, s’il traite avec empires;
Ce qu’à nos assassins enfin il a su dire.
ACHORÉE.
La tète de Pompée a produit des effetsDont ils n’ont pas sujet d’ètre fort satisfaits 4 .
Je ne sais si César prendroit plaisir à feindre;
Mais pour eux jusqu’ici je trouve lieu de craindre :
S’ils aimoient Ptolomée, ils l’ont fort mal servi.
Vous l’avez vu partir, et moi je l’ai suivi.
Ses vaisseaux en bon ordre ont éloigné la ville 5 ,
Et pour joindre César n’ont avancé qu’un mille :
Il venoit à plein voile 6 ; et si dans les hasardsIl éprouva toujours pleine faveur de Mars,
Sa Hotte, qu’à Tenvi favorisoit Neptune,
A voit le vent en poupe ainsi que sa fortune 7 .
1 Ce qu’on a vu de joie ne peut se dire dans le style tragique,quoique ce soit une suivante qui parle. (V.)
2 Ce beau présent est comique. (V.)
3 Traite exige un régime ; ce verbe n’est neutre que lorsqu’on parled’un traiteur. (V.)
* Ce vers est un peu de comédie. (V.)
3 Ont éloigné la ville est un solécisme. Il fallait se sont éloignés de tou plutôt une autre expression, un autre tour. (Y.)
6 II venoit à plein voile, etc.
est un solécisme: voile de vaisseau a toujours été féminin; voile quicouvre, masculin. (V.)
7 N’est-ce pas là une réflexion inutile, et en même temps trop re-cherchée 1 . Pourquoi dire que son vaisseau avait le vent en poupepourquoi comparer la fortune de César à ce vaisseau 1 quel rapport de