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ACTE IV, SCÈNE IV.
Quelque espoir qui d’ailleurs me l’ose ou puisse offrir ’,
Ma juste impatience auroit trop à souffrir :
La vengeance éloignée est à demi perdue;
Et, quand il faut l’attendre, elle est trop cher vendue.
•le n'irai point chercher sur les bords africainsLe foudre souhaité que je vois en tes mains 2 :
La tête qu’il menace en doit être frappée :
.J'ai pu donner la tienne au lieu d’elle à Pompée 3 ;
Ma haine avoit le choix ; mais celte haine enfinSépare son vainqueur d’avec son assassin,
Et ne croit avoir droit de punir ta victoireQu’après le châtiment d’une action si noire.
Rome le veut ainsi : son adorable frontAuroit de quoi rougir d’un trop honteux affront *,
De voir en même jour, après tant de conquêtes,
Sous un indigne fer ses deux plus nobles têtes.
Son grand cœur, qu’à tes lois en vain tu crois soumis,
En veut aux criminels plus qu’à ses ennemis,
Et tiendroit à malheur le bien de se voir libre,
Si l’attentat du Nil affranchissent le Tibre.
1 Un espoir qui ose offrir, et cette alternative d'ose on puisse, nersont convenables ni justes. (Y.)
2 II y avait d’abord, le foudre punisseur ; punisseur était un beauterme qui manquait à notre langue. Puni doit fournir punisseur ,comme vengé fournit vengeur. J’ose souhaiter, encore une fois, qu’oneût conservé la plupart de ces termes qui faisaient un si bel effet dutemps de Corneille ; mais il a mis lui-même à la place le foudre sou-haité, épithète qui est bien plus faible. En tes mains. Comment cefoudre souhaité contre César est-il dans les mains de César! Quelqueséditions portent, en ses mains; mais en ses mains ne se rapporte àrien. (V.) — Ce n’est point contre César que Cornélie invoque ici lafoudre; au contraire, c’est dans les mains de ce même César qu’ellecroit déjà voir la foudre menaçant la tête de Ptolomée, et prête àtomber sur cet assassin. Les vers qui précédent et qui suivent, lusavec un peu d’attention, expliquent clairement sa pensée. Le vœu deCornélie est bien que César périsse à son tour ; mais auparavant elleveut qu’il punisse l'assassin de Pompée. (P.)
3 On ne voit pas d’abord à quoi se rapporte cet au lieu d’elle; c’està Ptolomée. (Y.)
'+ L’adorable front de Rome qui rougirait! Est-ce ainsi que doits’exprimer la noble douleur d’une femme profondément affligée! celan’est-iî pas un peu trop recherché! (V.)