LE MENTEUR,
COMÉDIE *.
1642 .
1 II faut avouer que nous devons à l’Espagne la première tragédietouchante et la première comédie de caractère qui aient illustré laFrance. Ne rougissons point d’être venus tard dans tous les genres.C’est beaucoup que, dans un temps où l’on ne connaissait que desaventures romanesques et des turlupinades, Corneille mît la moralesur le théâtre. Ce n’est qu’une traduction ; mais c’est probablement àcette traduction que nous devons Molière. Il est impossible, en effet,que l’inimitable Molière ait vu cette pièce sans voir tout d’un coup laprodigieuse supériorité que ce genre a sur tous les autres, et sans s’ylivrer entièrement. Il y a autant de distance de Méîile au Menteurque de toutes les comédies de ce temps-là à Mèlite : ainsi Corneille aréformé la scène tragique et la scène comique par d’heureuses imita-tions. (Y.)