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RODOGUNE.
RODOGUNE.
Eh l)ien donc! il est temps de me faire connoîlre.
J'obéis à mon roi, puisqu'un de vous doit l’être 1 ;
Mais quand j’aurai parlé, si vous vous en plaignez,
J’atteste tous les dieux que vous m’y contraignez,
Et que c’est malgré moi qu’à moi-même rendueJ’écoute une chaleur qui m’étoit détendue 2 ,
Qu’un devoir rappelé me rend un souvenirQue la foi des traités ne doit plus retenir.
Tremblez, princes, tremblez au nom de votre père;
Il est mort, et pour moi, par les mains d’une mère :
Je l’avois oublié, sujette à d’autres lois 3 ;
Mais libre, je lui rends enfin ce que je dois.
C’est à vous de choisir mon amour ou ma haine.
J’aime les lils du roi, je hais ceux de la reine k :
Réglez-vous là-dessus; et, sans plus me presser,
Voyez auquel des deux vous voulez renoncer.
Il faut prendre parti ; mon choix suivra le vôtre :
Je respecte autant l’un que je déteste l’autre.
Mais ce que j’aime en vous du sang de ce grand roi,
S’il n’est digue de lui, n’est pas digne de moi.
Ce sang que vous portez, ce trône qu’il vous laisse, 5 ,
t N’est-il pas étrange que Rodogune prenne le prétexte d’obéir ason roi pour demander la tête de la mère de ce roi t comment peut-elle attester tous les dieux qu’elle est contrainte par les deux enfantsà leur faire cette proposition! Ces subtilités sont-elles naturelles? nevoit-on pas qu’elles ne sont employées que pour pallier une liorreurqu’elles ne pallient point? (V.)
2 Une chaleur défendue, un devoir qui rend un souvenir , un sou-venir que les traités ne peuvent retenir , font un-amas de termes im-propres, et une construction trop vicieuse. (V.)
3 On sent bien qu’elle veut dire, je ne l'avais pas vengé; mais lemot d’oublier, quand il est seul, signifie perdre la mémoire, exceptédans les cas suivants : je veux bien l'oublier , vous devez l’oublier , ilfaut oublier les injures , etc. : on n’est point sujette à des lois; celan’est pas fiançais ; et de quelles lois veut-elle parler? (V.)
V Cette antithèse est-elle bien naturelle? une situation terrible per-met-elle ces jeux d’esprit ! comment peut-on en effet haïr et aimer lesmêmes personnes?, 7f/ ce n'est point ainsi que parle la nature. (Y '
5 On ne porte point un sang : il était aisé de dire, ce sang qui couleeh vous , ou le sang dont vous sortez. (V.}