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RODOGUNE.
SELEUCUS.
Je le veux croire ainsi ; mais quel autre intérêtNous fait tous deux aînés quand et comme il vous plaît?Qui des deux vous doit croire, et par quelle justiceFaut-il que sur moi seul tombe tout le supplice;
Et que du même amour dont nous sommes blessés11 soit récompensé quand vous m’en punissez?
CLEOPATRE.
Comme reine, à mon choix je fais justice ou grâce,
Et je m’étonne fort d’où vous vient cette audace,
D’où vient qu’un fds, verg moi noirci de trahison,
Ose de mes faveurs me demander raison.
SÉLEUCUS.
Vous pardonnerez donc ces chaleurs indiscrètes :
Je ne suis point jaloux du bien que vous lui laites;
Et je vois quel amour vous avez pour tous deux,
Plus que vous ne pensez, et plus que je ne veux :
Le respect me défend d’en dire davantage.
Je n’ai ni faute d’yeux, ni faute de courage,
Madame ; mais enfin n’espérez voir en moiQu’amitié pour mon frère, et zèle pour mon roi.
Adieu.
SCÈNE VII.
CLÉOPÂTRE.
De quel malheur suis-je encore capable >.'
Leur amour m’offensoit, leur amitié m’accable ;
Et contre mes fureurs je trouve en mes deux filsDeux enfants révoltés et deux rivaux unis.
Quoi ! sans émotion perdre trône et maîtresse .'
Quel est ici ton charme, odieuse princesse?
Et par quel privilège, allumant de tels feux,
Peux-tu n’en prendre qu’un, et m’ôter tous les deux. 1 2 '?
1 On est capable d’une résolution, d’une action vertueuse ou crimi-nelle ; on n’est point capable d’un malheur. (V.)
2 Elle veut dire, en n’en •prenant qu’un , car Eodogune ne pouvaitpas prendre deux maris. Cette antithèse, en prendre un, ei en ôler