ACTE XII, SCÈNE î. SOI
Et, s’il est périlleux de s’en faire haïr,
11 ne seroit pas sûr de vous désobéir.
Pour moi, si quelque jour je suis ce que vous êtes,
J’en userai peut-être alors comme vous faites :
Jusque-là...
SERTORIUS.
, Vous pourriez en douter jusque-là,
Et me faire un peu moins ressembler à Sylla .
Si je commande ici, le sénat me l’ordonne.
Mes ordres n’ont encore assassiné personne.
Je n’ai pour ennemis que ceux du bien commun ;
Je Içur fais bonne guerre, et n’en proscris pas un.
C’est un asile ouvert (tue mon pouvoir suprême ;
Et, si l’on m’obéit, ce n’est qu’autant qu’on m’aime.
POMPÉE.
Et votre empire en est d’autant plus dangereux,
Qu’il rend de vos vertus les peuples amoureux,
Qu’en assujettissant vous avez l'art de plaire,
Qu’on croit n’être en vos fers qu’esclave volontaire.
Et que la liberté trouvera peu de jourA détruire un pouvoir que fait régner l’amour.
Ainsi parlent, seigneur, les âmes soupçonneuses.
Mais n’examinons point ces questions fâcheuses,
Ni si c’est un sénat qu’un amas de bannis,
Que cet asile ouvert sous vous a réunis.
Une seconde fois, n’est-il aucune voie
Par où je puisse à Rome emporter quelque joie?
Elle seroit extrême à trouver les moyensDe rendre un si grand homme à ses concitoyens.
Il est doux de revoir les murs de la patrie :
C’est elle par ma voix, seigneur, qui vous en prie;
C’est Rome...
SERTORIUS.
Le séjour de votre potentat,
Qui n’a que ses fureurs pour maximes d’État 1 ?
I Voilà encore un des plus beaux endroits de Corneille ■. il y a de inforce, de la grandeur, de la vérité, et même il est supérieurement écrit,à quelques négligences, à quelques familiarités près, comme le tyranbaç, donner cette joie, ouvrir tous ses bras. Mais quand une exprès-