PRONONCÉS A L’ACADÉMIE FRANÇAISE 55
on lui offrant une assistance divine ; communiquéde plus touchantes directions a ses sentiments parle généreux mobile du dévouement et l’aimableardeur de la charité ; enfin apporté plus de conso-lations a la douleur et mis plus d’espérances dansla mort.
C’est cette tâche nouvelle que remplit M. Frays-sinous. 11 n’avait pas, comme les Bourdaloue, lesBossuet et les Massillon, a insister sur les consé-quences morales de dogmes admis sans opposition,a prêcher l’accomplissement de devoirs convenus,et a effrayer éloquemment les consciences sur lesdangers de leur violation. Ils étaient loin ces tempsoù la parole chrétienne descendait de la chaire évan-gélique avec une autorité tranquille pour s’imposera des intelligences soumises. Désormais l’orateursacré devait conquérir les assentiments et prouverpour faire croire. Aussi M. Frayssinous défendit lareligion chrétienne comme les Pères qui l’avaientfondée et les grands philosophes qui l’avaient sou-tenue. 11 appartenait a cette école religieuse qui,croyant a la raison aussi bien qu’a la foi, s’attachatoujours â les concilier. Il pensait, comme Origène,Clément d’Alexandrie, Athanase, Ambroise, Chry-sostome, Augustin, ces grandes lumières de l’an-cienne Église, que l’homme se rapprochait d’autantplus de Dieu, qu’il s’élevait vers lui avec tout l’es-prit dont Dieu même l’avait doué.
Aussi rien n’égala le concours de ceux qui sepressèrent pour l’entendre, si ce n’est l’effet produit