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Notices et portraits historiques et littéraires / par M. Mignet
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NOTICES ET PORTRAITS

dire quau lieu dy voir la simplicité du lion ordre,je ny aperçois quun échafaudage de précautionscontre le désordre 1 . » Celte constitution, ayant or-ganisé en Angleterre la vieille société du moyenâge, ne convenait point a lesprit rigoureux deM. Sieyès, et ne semblait pas convenir à létat so-cial plus avancé de la France. M. Sieyès ne voulaitpas constituer des différences, mais tout ramener àlunité dans lÉtat. Une société homogène, un droituniforme, un gouvernement représentatif exercépar procuration, la liberté individuelle uniquementlimitée par la loi, la liberté de penser et décrire nesarrêtant pour chacun que devant les droits dau-trui, une administration nationale et commune, et,pour faciliter ces grands changements, une nou-velle circonscription du territoire qui anéantît lesanciennes provinces avec leur existence séparée,leurs limites embarrassantes, leur rivalité intrai-table et leurs privilèges inopportuns : voila lesidées quil soutint, les innovations quil recom-manda. On aimera sans doute a connaître en quelstermes il proposa, dans son Plan de délibérationspour les assemblées de bailliage , cette grande trans-formation territoriale qui, réalisée daprès ses vuesen 1789, a, plus que toute autre chose, étendu etaffermi la Révolution : « Ce n'est, dit-il, quen effa-çant les limites des provinces quon parviendra àdétruire tous les privilèges locaux. Ainsi, il sera es-

* Quesf-ce que le Tiers-État^ cliap. ir, § 1 el 2.