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la science des lois, quoique plus vasle a celle épo-que que de nos jours, précisément parce qu’elle étaitmoins simplifiée, ne suffisait point aux juriscon-sultes, ils y joignaient des études plus hautes en-core. L’histoire, la morale, la politique, objets dutravail universel des intelligences, appelaient aussileurs méditations. Tout le monde étudiait alors, etl’on regardait les connaissances comme la matièredes idées, et les idées comme l’appui le plus solidedu talent. M. Rœderer s’était formé d’après cetteméthode féconde. En politique, il suivait les doc-trines de Montesquieu, et, sur quelques points, cellesde Rousseau. En philosophie, il appartenait a l’écolede Bacon et était disciple de Locke et de Condillac.11 s’était nourri de toutes les connaissances que pos-sédait son siècle, et il adopta les idées généreusesqui formaient la croyance de ses hardis contempo-rains. Venu trop tard pour participer a leur décou-verte, il put au moins contribuer a laur application ;et, s’il 11 e fut pas compté au nombre des grands es-prits qui avaient posé les nouveaux principes, ilappartint a la génération non moins glorieuse quientreprit de les faire passer dans la pratique. En-rôlé dans l’armée philosophique, M. Rœderer lit sespremières armes, pendant la grande campagne quiprécéda la Révolution, en qualité d’économiste.
L’économie politique était d’origine récente. LVnalyse avait été portée pour la première fois sur lanature et le mécanisme de la richesse dans l’inté-rieur des Etals, et sur les moyens les plus propres