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de l’homme en société. Le moment de les mettreen pratique est arrivé. »
M. Rœderer exposait les opinions les plus hardiessur la forme et les pouvoirs des Etats Généraux ; ilrepoussait l’ancien mode d’élection par classes, et,au lieu de députés des trois ordres, il ne voulait quedes députés de la nation. Il demandait une assem-blée unique, dont les membres seraient élus par lessuffrages du pins grand nombre, dont les pouvoirsseraient souverains, et dont les décisions seraientprises a la pluralité des voix, qui, disail-il, bannitseule Varbitraire des lois comme les lois bannissentseules F arbitraire du gouvernement.
Un an s’était a peine écoulé depuis la publicationde cet ouvrage, que la distinction des ordres, contrelaquelle M. Rœderer s’était élevé, était abolie; quela souveraineté populaire, qu’il avait réclamée, étaitconsacrée ; et que, conformément h ce qu’il avaitsoutenu, le droit de participer aux élections publi-ques était accordé au plus grand nombre, le pouvoirde faire les lois était dévolu a une seule assemblée,et le principe de l’égalité civile s’élevait sur la ruinede tous les anciens privilèges. Cette révolution, don!il avait, je ne dirai point préparé, mais désiré lesrésultats, était déjà accomplie lorsque M. Rœdererfut envoyé a l’Assemblée constituante, par la villede Metz, en octobre 1789. Cette ville avait le droitunique de nommer aux Etats Généraux un députéqui était le représentant des trois ordres. La no-blesse avait fait pencher le choix de la ville sur un