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NOTICES ET PORTRAITS
qui jouit parce qu’ils ont souffert, qui se reposeparce qu’ils ont agi. C’est a la forte génération, au-jourd’hui disparue presque tout entière, et qui na-guère répandait sur notre Académie l’éclat de sestravaux et de ses grands noms, qu’appartientl’homme illustre et vénérable dont j’ai a vous re-tracer l’histoire.
Administrateur librement élu d’une des provin-ces de l’ancienne monarchie en 1783 ; membre denos Assemblées nationales pendant la Révolution ;associé à l’œuvre du Code civil sous le Consulat ;organisateur du royaume de Westpbalie sous l’Em-pire ; ministre sous la Restauration ; appelé succes-sivement a siéger dans les deux Chambres durant lequart de siècle où s’est développé parmi nous legouvernement représentatif, M. le comte Siméon,serviteur actif du pays jusqu’à lage de quatre-vingt-douze ans, a fourni l’une des carrières lesplus longues, les mieux remplies et les plus hono-rées.
Né à Aix, le 30 septembre 4749, Joseph-JérômeSiméon appartenait à l’une de ces familles de labourgeoisie et du barreau où la probité et le savoirétaient héréditaires. Habile jurisconsulte et avocatéminent, son père s’était placé à la tête de son or-dre, occupait une chaire de droit à l’Universitéd’Aix, avait été nommé syndic de la noblesse, etavait reçu des suffrages de ses compatriotes l’im-portante charge d’assesseur de la Provence. 11 avaiteu quatre enfants qui, sous sa ferme autorité et