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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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SCÈNE Vf. 187

À changer de mari comme on fait de chemise !

Cela serait commode ; et j’en sais telle ici

Qui, comme moi, ma foi, le voudrait bien aussi.

(En ramassant le portrait que Célie avait laissé tomber.)

Mais quel est ce bijou que le sort me présente ?

L’émail en est fort beau, la gravure charmante.

Ouvrons.

SCÈNE VI.

SGANARELLE, LA FEMME de sganarelle.

SGANARELLE se croyant seul.

On la croyait morte, et ce n’était rien.

Il n’en faut plus qu’autant, elle se porte bien.

Mais j’aperçois ma femme.

LA FEMME DE SGANARELLE se croyant seule.

O ciel ! c’est miniature !

Et voilà d’un bel homme une vive peinture !

SGANARELLE à part, et regardant par-dessus l’épaule de sa femme-Que considère-t-elle avec attention ?

Ce portrait, mon honneur, ne vous dit rien de bon.

D’un fort vilain soupçon je me sens l’âme émue.

LA FEMME DE SGANARELLE sans apercevoir son mari.

Jamais rien de plus beau ne s’offrit à ma vue;

Le travail plus que l’or s’en doit encor priser.

Oh ! que cela sent bon !

SGANARELLE à part.

Quoi ! peste, le baiser !

Ah ! j’en tiens!

LA FEMME DE SGANARELLE poursuit.

Avouons qu’on doit être ravieQuand d’un homme ainsi fait on se peut voir servie,

Et que , s’il en contait avec attention,

Le penchant serait grand à la tentation.

Ah ! que n’ai-je un mari d’une aussi bonne mine !

Au lieu de mon pelé, de mon rustre...

SGANARELLE lui arrachaut le portrait.

Ah, mâtine!

Nous vous y surprenons en faute contre nous,

Et diffamant l’honneur de votre cher époux.

Donc, à votre calcul, ô ma trop digne femme,

Monsieur, tout bien compté, ne vaut pas bien madame ?