Buch 
Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
Entstehung
Seite
204
JPEG-Download
 

I:

■i

?

t

ç

iiii:

ÏÏ

i,

A

î>

A

:! fi

I'

K

!

!

i

I

h

2.04 SGANARELLE,

Faire éclater, madame, un esprit trop jaloux ;

Mais je ne suis point dupe, et vois ce qui se passe :Il est de certains feux de fort mauvaise grâce ;

Et votre âme devrait prendre un meilleur emploi,Que de séduire un cœur qui doit n’être qu’à moi.

CÉLIE.

La déclaration est assez ingénue.

SGANARELLE à sa femme.

L’on ne demandait pas, carogne, ta venue :

Tu la viens quereller lorsqu’elle me défend ,

Et tu trembles de peur qu’on t’ôte ton galant.

CÉLIE.

Allez, ne croyez pas que l’on en ait envie.

(se tournant vers Lélie.)

Tu vois si c’est mensonge ; et j’en suis fort ravie.

LÉLIE.

Que me veut-on conter?

LA SUIVANTE.

Ma foi, je ne sais pasQuand on verra finir ce galimatias ;

Depuis assez longtemps je tâche à le comprendre ,

Et si, plus je l’écoute (1), et moins je puis l’entendre.Je vois bien à la fin que je m’en dois mêler.

( Elle se met entre Lélie et sa maîtresse. )Répondez-moi par ordre, et me laissez parler.

( à Lélie. )

Vous, qu’est-ce qu’à son cœur peut reprocher le vôtre ?

LÉLIE.

Que l’infidèle a pu me quitter pour un autre;

Que lorsque, sur le bruit dê son hymen fatal,J’accours tout transporté d’un amour sans égal,

Dont l’ardeur résistait à se croire oubliée,

Mon abord en ces lieux la trouve.mariée.

LA SUIVANTE.

Mariée î à qui donc?

LÉLIE montrant Sganarelle.

A lui.

LA SUIVANTE.

Comment, à lui?

LÉLIE.

Oui-dà !

(i) Et si, plus je l’écoute. Nous avons déjà donné p. 190, une explica-tion de ce vieux mot, qui est employé ici pour néanmoins, pourtant.