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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE I, SCÈNE II.

Un haut-de-chausse fait justement pour ma cuisse ;

Des souliers où mes pieds ne soient point au supplice,

Ainsi qu’en ont usé sagement nos aïeux :

Et qui me trouve mal n’a qu’à fermer les yeux.

t

SCÈNE IL

LÉONOR, ISABELLE , LISETTE ; ARISTE ET SGANARELLE,parlant bas ensemble sur le devant du théâtre, sans être aperçus.

LÉONOR à Isabelle.

Je me charge de tout, en cas que l’on vous gronde.

LISETTE à Isabelle.

Toujours dans une chambre à ne point voir le monde?

ISABELLE.

Il est ainsi bâti.

LÉONOR.

Je vous en plains, ma sœur.

LISETTE à Léonor.

Bien vous prend que son frère ait toute une autre humeur,Madame ; et le destin vous fut bien favorableEn vous faisant tomber aux mains du raisonnable.

ISABELLE.

C’est un miracle encor qu’il ne m’ait aujourd’huiEnfermée à la clef, ou menée avec lui.

LISETTE.

Ma foi, je l’envoierais au diable avec sa fraise (l),

Et...

SGANARELLE, heurté par Lisette.

Où donc allez-vous, qu’il ne vous en déplaise ?

LÉONOR.

Nous ne savons encore, et je pressais ma sœurDe venir du beau temps respirer la douceur :

Mais..

SGANARELLE à Léonor.

Pour vous, vous pouvez aller où bon vous semble,

(i) Les Espagnols passent pour être les Inventeurs de la fraise, dontils se sont servis pour cacher une incommodité à laquelle ils étaient laplupart sujets. L’empire des modes avait appartenu à ce peuple avant depassera nous. (B.)—Catherine et Marie de Médicis avaient apporté cettemode parmi nous. La fraise fut remplacée, sous Louis XIII, par le colletou rabat de chemise ; mais quelques vieillards la portaient encore à l'é-poque où V École des Maris fut jouée. (A.)