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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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L'ÉCOLE DES MARIS *

SGANARELLE.

Venez, beau directeur, suranné damoiseau !

On veut vous faire voir quelque chose de beau.

ARISTE.

Comment ?

SCAN ARELLE.

Je vous apporte une bonne nouvelle.

ARISTE.

Quoi?

SGANARELLE.

Votre Léonor, où, je vous prie, est-elle?

ARISTE.

Pourquoi cette demande? Elle est, comme je croi,Au bal chez son amie.

SGANARELLE.

Eh ! oui, oui ; suivez-moi,Vous verrez à quel bal la donzelle est allée.

ARISTE.

Que voulez-vous conter ?

SGANARELLE.

Vous l’avez bien stylée :Il n’est pas bon de vivre en sévère censeur ;

On gagne les esprits par beaucoup de douceur ;Et les soins défiants, les verrous, et les grilles,

Ne font pas la vertu des femmes ni des filles ;Nous les portons au mal par tant d’austérité,

Et leur sexe demande un peu de liberté.Vraiment! elle en a pris tout son soûl, la rusée ;Et la vertu chez elle est fort humanisée.

ARISTE.

Où veut donc aboutir un pareil entretien?

SGANARELLE.

Allez, mon frère ainé, cela vous sied fort bien ;

Et je ne voudrais pas pour vingt bonnes pistolesQue vous n’eussiez ce fruit de vos maximes folles :On voit ce qu’en deux sœurs nos leçons ont produitL’une fuit les galants, et l’autre les poursuit.

ARISTE.

Si vous ne me rendez cette énigme plus claire...

SGANARELLE.

L’énigme est que son bal est chez monsieur ValèrejQue, de nuit, je l’ai vue y conduire ses pas,

Et qu’à l’heure présente elle est entre ses bras.