364 LÀ CRITIQUE DE L’ÉCOLE DES FEMMES ,
térieuse, et leurs grimaces affectées, irritent la censure detout le monde contre les actions de leur vie. On est ravi dedécouvrir ce qu’il peut y avoir à redire ; et, pour tomber dansl’exemple, il y avait l’autre jour des femmes à cette comédie,vis-à-vis de la loge où nous étions , qui, par les mines qu’ellesaffectèrent durant toute la pièce, leurs détournements detête et leurs cachements de visage, firent dire de tous côtéscent sottises de leur conduite, que l’on n’aurait pas dites sanscela; et quelqu’un même des laquais cria tout haut qu’ellesétaient plus chastes des oreilles que de tout le reste du corps.
CLIMÈNE.
Enfin, il faut être aveugle dans cette "pièce, et ne pas fairesemblant d’y voir les choses.
URANIE.
Il ne faut pas y vouloir voir ce qui n’y esx pas.
CLIMÈNE.
Ah ! je soutiens, encore un coup, que les saletés y crèventles yeux.
URANIE.
Et moi, je ne demeure pas d’accord de cela.
CLIMÈNE.
Quoi ! la pudeur n’est pas visiblement blessée par ce quedit Agnès dans l’endroit dont nous parlons ?
URANIE.
Non, vraiment. Elle ne dit pas un mot qui de soi ne soitfort honnête; et si vous voulez entendre dessous quelqueautre chose, c’est vous qui faites l’ordure, et non pas elle,puisqu’elle parle seulement d’un ruban qu’on lui a pris.
CLIMÈNE.
Ah ! ruban tant qu’il vous plaira ; mais ce le , où elle s’ar-rête , n’est pas mis pour des prunes. Il vient sur ce le d’é-tranges pensées. Ce le scandalise furieusement ; et, quoi quevous puissiez dire, vous ne sauriez défendre l’insolence dece le.
ÉLISE.
U est vrai, ma cousine, je suis pour madame contre ce le.Ce le est insolent au dernier point, et vous avez tort de dé-fendre ce le.
CLIMÈNE.
Il a une obscénité qui n’est pas supportable.
ÉLISE.
Comment dites-vous ce mot-là, madame ?
CLIMÈNE
Obscénité, madame.