372 LA. CRITIQUE DE L’ÉCOLE DES FEMMES ,
sévérité de cette dame ne veuille retrancher ou la tête ou laqueue, pour les syllabes déshonnêtes qu’elle y trouve.
URANIE.
Vous êtes bien fou, chevalier.
LE MARQUIS.
Enfin, chevalier, tu crois défendre ta comédie, en faisantla satire de ceux qui la condamnent.
' DORANTE.
Non pas ; mais je tiens que cette dame se scandalise àtort...
ÉLISE.
Tout beau, monsieur le chevalier, il pourrait y en avoird’autres qu’elle, qui seraient dans les mêmes sentiments.
DORANTE.
Je sais bien que ce n’est pas vous, au moins ; et quelorsque vous avez vu cette représentation...
ÉLISE.
Il est vrai , mais j’ai changé d’avis; (montrant Climcnê) etmadame sait appuyer le sien par des raisons si convaincantes,qu’elle m’a entraînée de son côté.
DORANTE à Climène.
Ah ! madame, je vous demande pardon ; et, si vous levoulez, je me dédirai, pour l’amour de vous, de tout ce quej’ai dit.
CLIMÈNE.
Je ne veux pas que ce soit pour l’amour de moi, maispour l’amour de la raison : car enfin cette pièce, à le bienprendre, est tout à fait indéfendable ; et je ne conçois pas...
URANIE.
Ah ! voici l’auteur, monsieur Lysidas. U vient tout à pro-pos pour cette matière. Monsieur Lysidas, prenez un siègevous-même, et vous mettez là.
SCÈNE VII.
LYSIDAS, CLIMÈNE, URANIE, ÉLISE, DORANTE,
LE MARQUIS.
LYSIDAS.
Madame, je viens un peu tard ; mais il m’a fallu lire mapièce chez madame la marquise dont je vous avais parlé ; etles louanges qui lui ont été données m’ont retenu une heureplus que je ne croyais.