ACTE II, SCÈNE 1Y.
soin aussi, vous et toute votre famille, pour vous témoignerl’envie que j’ai de vous servir.
GÉRONTE.
Je vous suis obligé de ces sentiments.
SGANARELLE.
Je vous assure que c’est du meilleur de mon âme que jevous parle.
GÉRONTE.
C’est trop d’honneur que vous me faites.
SGANARELLE.
Comment s’appelle votre fille?
GÉRONTE.
Lucinde.
SGANARELLE.
Lucinde! Ah! beau nom à médicamenter! Lucinde!
GÉRONTE.
Je m’en vais voir un peu ce qu’elle fait.
SGANARELLE.
Qui est cette grande femme-là?
GÉRONTE.
C’est la nourrice d’un petit enfant que j’ai.
SCÈNE IY.
SGANARELLE, JACQUELINE, LUCAS.SGANARELLE à part.
Peste! le joli meuble que voilà! (haut.) Ah! nourrice!charmante nourrice, ma médecine est la très-humble esclavede votre nourricerie, et je voudrais bien être le petit pouponfortuné qui tétât le lait de vos bonnes grâces. (H lui porte lamain sur le sein.) Tous mes remèdes, toute ma science, toutema capacité est à votre service ; et...
LUCAS.
Avec votre parmission, monsieu le médecin, laissez là mafemme, je vous prie.
SGANARELLE.
Quoi ! elle est votre femme ?
LUCAS.
Oui. .
SGANARELLE.
Ah î vraiment je ne savais pas cela, et je m’en réjouis pourl’amour de l’un et de l’autre.
(Il fait semblant de vouloir embrasser Lucas, et embrasse la nourrice.)
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