AVERTISSEMENT.
vnj
durions. Infatigable dans le travail, toujours occu-pé de' fon art, il cherchoit dans ce temps un champpropre à exercer fes idées. Mais les bornes d’un ta-bleau, & la pratique lente de la peinture, ne fuffifoientpas au feu de fon génie, & n’en remplifloient pas allezrapidement l’a&ivité ; il falloit à fes talens de plusamples fujets d’exécution. Les Fables de la Fontainevinrent fatisfaire à cette efpece de befoin. Elles four-nirent à fon imagination de quoi fe contenter dansce vaflc champ de payfages & d’animaux; genre detravail oh l’on fait jufqu’à quel point il excelle. C’efl:alors qu’il étudia ces Fables, & qu’il fçût fi bien s’ap-proprier dans fes defleins, les idées du Poète, quel’on dirait en quelque façon, que la même Mufe s’eftfervie du crayon de M. Oudry, pour nous les tracerd’une maniéré aufli poétique qu’ingénieufe & naturel-le. Aufli peut-on à jufte titre l’appeller lui-même, leLa Fontaine de la Peinture ; puilque perfonne n’amieux fçû faire agir & parler les animaux qu’il l’a faitdans fes tableaux, & particuliérement dans les delfeinsque nous annonçons. Ils étoient fes récréations : illes compofoit pour fon propre plaifir, & dans ces mo-.mens de choix & de fantaifie,oh un Artifte laifit vive-ment les idées de fon fujet, & donne un libre eflorà fon génie. C’étoit ainfi qu’il fe formoit, fans ypenfer, le répertoire & le recueil des compofitionsqui, dans la fuite, font devenues les originaux de laplupart des tableaux, que le Public a admiré au Sallonde Peinture de l’Académie, & qui fe trouvent répan-dus chez le Roi & dans les cabinets des Curieux.Telle eft l’hiftoire des defleins qui viennent fe réuniraujourd’hui pour embellir cette Edition, pour inté-
ref-