CHOISIES. Un. IV.
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FABLE V.
L’Ane et le petit Chie
N.
e forçons point notre talent :Nous ne ferions rien avec grâce-Jamais un lourdaud, quoiqu’il fafle,Ne fçauroit pafler pour galant.
Peu de gens que le ciel chérit & gratifie,
Ont le don d’agréer infus avec la vie.
C’eft un point qu’il leur faut laifler ;Et ne pas reflembler à l’Ane de la Fable,
Qui pour fe rendre plus aimableEt plus cher à fon Maître, alla le carefler.
Comment, difoit-il en fon ame,
Ce Chien , parce qu’il eft mignon,Vivra de pair à compagnonAvec Monfieur, avec Madame ;
Et j ? aurai des coups de bâtonQue fait - il ? il donne la patte,
Puis auffi * tôt il eft baifé :
S’il en faut faire autant afin que l’on me flatte,Cela n’eft pas bien mal-aifé.
F S