DU COMTE MARSIGL 1 . 143
’on traversa la Bosnie jusqu’au Sérail saCapitale à petites journées.
Mais à peine fût-on délivré de tantde dangers, que le pauvre Frédéric fûtatteint d’un cours de ventre pitoiable ,au quel fe joignit bien-tôt une fìevre ,qui dégénéra en fìevre lente, & qui nel’abandonna pas de tout Thiver suivant,apparemment pour ne pas désobligerl’aphorisme , qui dit , Febres automna-les , aut longtt } aut mortales. Audiauroit-il fallu avoir une complexion defer pour résilier à tant de fatigues , àtant de miferes , la faim , la nudité ,ks fatigues continuelles, & plus encoreque tout cela , la réflexion fur un dur-Esclavage, plus affreuse que celle de lamort même, qu’il n’avoit évité tant defois que par une grâce particulière dela divine miséricorde. Cette indispo-sition qui lui vint après le passage de laSave, étoit d’autant plus à craindre queses maîtres navoient plus les moyensvon seulement de le soulager,mais euxmêmes de pouvoir subsister & de pouf-fer chemin. Ea nécessité , dit-on, n’a
pas