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LA VIE
vent parmi les voyageurs de long coursque de se charger des raretés des pais,d’où ils viennent , dans l’esperance d’enretirer du profit des curieux , qui enornent leurs cabinets.
Venise n’étoit pas son sait, un hom-me d’étude doit s’écarter du grand mon-de, autant qu’il le peut; Muran l’auroitété mieux, mais il auroit été trop éloi-gné de la pleine mer ; le Port de Ma-lamoe ne lui auroit pas déplu ; maison y est en disette de barques à pê-cheurs : Tout cela bien considéré , iljetta les yeux fur la petite Ville deChiog-gia ou Chioza, dont le Port est le plusprès de la Terre ferme du côté du Fer-rarois ; il étoit à portée d’envoyer à Bou-logne toutes les pieçes qu’il auroit enmains, car le Procacdo , c’est ainsi quel’on nomme le Coche d’eau , y pastedeux fois la semaine de Venise à Bou-logne , & de cette Ville ici en celle - là.D’ailleurs il avoit ici tout ce qu’il luifal-loit , les Pêcheurs de la Mer & d’Eaudouce, fans compter , qu’il se trouvoitsur les Lagunes, qui lui pouvoient four-