DU COMTE MARSIGLI. 191
ouverte , & je fus introduit à la pré-sence du Roi , qne je trouvai grand &robuste , & en tout diffèrent du bruit ,qui s’étoit répandu en Allemagne , quile donne pour abatu , & décrépit ; jepuis vous assurer qu’il ne me paroistoitpas avoir plus de 50. ans, tant il étoitfrais, & en bon point. - - Au momentque je lui faisois ma profonde reverence ilme dit ces paroles : Soyez le bien venu,fui plaisir de vous voir. Je commençaimon petit discours en François : Sire, laplus grande consolation que je pouvoisdesirer après avoir esiuié tant de mal-heurs , est celle que je lens à ce mo-ment de me voir avec tant de bonheuraux pies d'un si grand Monarque ; Vô-tre Majesté saura mieux que personnedu monde juger , si j’ai par mes actionsmérité un tel traitement , après un ser-vice long & sidele , que j’ai rendu à laCour de Vienne & à l’Empire ; après,dis-je, tant de sang que j’ai répandu.A ces mots le Roi m’interrompit, en di-sant à voix hante, afinque tout le mon-de le pût entendre , & animée d’un air
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