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I. PIECE.
cela n’arrivât pas dans un Roïaume qui contient,pour le moins, deux mille Personnes de ce Ca-jactére. N’y a-t-il pas toujours dans ce nombrequantité de Vieillards ? Et notez, s'il vous plait,que le faiseur d’Almanachs ne manquera point deprédire cette Mort dans la saison de Pannée quiest la plus sujette aux Maladies. Ce choix sesait-il sans dessein ? Tel mois , ajoute-t-on , m illu-stre Eclefiastique fera. promu à quelque Dignité. Je lecrois, il y a des centaines de riches Beneficiers quiont un pied dans la folle. Telle Planète en telleMaison y nous dit-on encore, indique de grandes In-trigues , des Complots , és des Conspirations que le temspourra découvrir. Découvre-t-on quelque chose?^Astrologue en a tout Phonneur. Ne découvre-t-on rien ? C'est la faute du Temps, & non cel-le de la Prédiction. A la fin des Almanachs,que Pon imprimoit sous le dernier Régné, vouslifiez ces paroles, Oà préserve le Epi GUILLAU-M E de tous ses Ennemis , connus & inconnus ! Amen.Si ce Roi vient à mourir , on croît que l’Astro-logue Pa prédit ; & li le Prince ne meurt pas ,ceci ne passe que pour la Priere éjaculatoire d’unbon Sujet. Cela causa pourtant un petit désor-dre en 1702. Le bon Roi GUILLAUMEcessa de vivre dès le commencement de Pannée ,& la Priere de PAlmanach n’avoit été placée qu’au31 de Décembre : de sorte que , dans un Etat Pro-testant , on pria , pour une Personne défunte &trépassée, plusieurs mois après son décès.
Mais Pimpertinence de leurs Prédictions peut àpeine égaler celle de leurs Avertissemens. Qu’a-vons nous à faire de leurs Pillules , de leurs Po-tions