II. PIECE.
20
pour être à portée d’en savoir des nouvelles, j’en-trai dans un Cassé du voisinage. Mais j’cus la pré-caution de laisser un Valet chez le mourant, avecordre de m'avertir d’abord qu’il auroit rendu l'es-prit. Environ deux heures après , mon Valet vintm’annoncer sa Mort. Je regardai à ma Montre,& je vis qu'il étoit alors sept heures sept minutes;desorte que Mr. Bickerjìaff s’étoit trompé de prèsde quatre heures ; mais il avoit attrapé assez justeles autres particularisez.
Savoir s'il a été la cause de la mort de ce pau-vre Homme, comme il en a été le Prophète,c'est ce que je laisse à d'autres à décider. Ce qu’ily a de certain , c'est que l’Avanture ne peut êtreplus singulière , à quelque cause qu'on Pattribue;soit au jeu du Hazard , ou à celui de Plmagina-tion. Je ne sai plus qu'en penser , & quoiqu'iln’y ait point d’Homme moins crédule que moi,cependant j'attens avec impatience & même, si jePose dire, avec quelque certitude, Paccomplisse-ment de la seconde Prédiction de Mr Bìdgrjìajs ,qui regarde la Mort du Cardinal de Nouilles fixéeau 4. d 3 Avril. Si celle-ci se vérifie comme la pré-cédente , j'avouë que ma surprise sera extrême,& que je ne douterai plus que tout le reste ne s’ac-complisse avec la même justesse. •
III. PIE.