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IV. P I E C E.
II étoit à craindre qu’il ne fallût beaucoup detems pour répandre le bruit de mon travail , &que ce (a) délai ne me fût préjudiciable. Mais ilarriva heureusement pour moi que je sus connudans le Monde avant que d 3 y paroitre. Je n’avoispas encore bien digéré le Projet que je méditois,lors qifun Auteur s’avifa Remprunter mon Nom,pour faire imprimer des Prédictions , & deux outrois autres Pièces qui rendirent ce Nom fameuxdans toute 1 "‘Europe, & qui, par leur mérite , Pé-leverent au plus haut point de réputation ou ilpût être porté.
Je profitai de cette bonne fortune. Le seul110 m d "Isaac Bickerjlajs me fit d’abord écouter detous les Gens d’Esprit & de bon goût ; & pourattirer les autres, je n’eu que la peine d’ajouter àmon Ouvrage quelque chose qui lui donnât unpetit air de Journal Historique. 11 est pourtantvrai que la Ville ne sut pas long-tems dans Per-reur , & que l’on s’y apperçut bien-tôt que cesNouvelles ne venoient pas de la meme Plume quiavoit écrit les Pièces, dont je viens de parler. Maison s’en apperçut trop tard pour que cela me fitdu tort. Le coup étoit frappé en ma faveur, &je perdis la part que Pon m’avoit donnée à la ré-putation de PAuteur, fans rien perdre dans Popi-nion publique de Pavantage que m’y avoit don-née cette réputation empruntée.
Le but général que je me propose est de dé-masquer les Hommes, de combattre la Vanité ,
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(a) Les deux ou trois premières Feuilles furent distri-buées gratis, aux dépens de l’Auteur qui n’e'toit pas alorsfort à son aise.