NOUVELLISTE. Art. I.
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trefoìs, quelque sujet que l’on ait eu d’appréhen-«ler le contraire, par la révolté générale qui s’estfaite depuis peu en saveur (a) des Spectacles quin’occupent que les yeux & les oreilles.
Ce Cassé a bien changé de face depuis que (b)Mr. Dtyden le fréquentoit. On n’y voioit alorspersonne qui n’eût à la main quelque Chansonnouvelle , quelque Epigramme , quelque Satire :Aujourd’hui tout le monde y tient un Jeu de Car-tes ; & au lieu des petites guerres que l’on se íai-soit sur le tour des Expressions, fur Celui des pen-sées , & d’autres choses pareilles, la dispute de nosSavans ne roule plus que fur les réglés du Jeu.Voici peut-être un nouveau changement qui seprépare. Tout le monde y a témoigné de grandségards pour Mr. Betterton , fans en excepter les Jou-eurs. Ces Messieurs connoissent l’incertitude deschoses humaines par l’experience continuelle qu’ilsen font. Les révolutions de leur fortune ne leuront pas permis d’être insensibles à celles par oùcet habile Acteur a passé, & lors qu’ils l’ont vû
fur
(a) Les Opéra furent introduits en Angleterre vers lecommencement du dernier Régné. Les Whigs fe distin-guèrent par le Bâtiment qu’ils firent dans la rue nomméeHay-Market, ou le Marché au Foin, pour représenter cesPièces qui sc faisoient d’abord tout en Italien, & dontj lefameux Nicolini fut le principal ornement.
(b) Mr. Dryden étoit tous les jours dans ce Cassé, oùil sc rendoit un nombre considérable de gens d’epée, Poè-tes & beaux Esprits. Cet Auteur parloit-là fort librementde| scs Ouvrages & de ceux d’autrui. Dans ces Discours& dans scs Ecrits il affectoit un grand mépris pour le»Poètes François, qu’il pilloit néanmoins impitoyablement.II y a environ 10 ans qu’il eít mort.