IXO
LE PHILOSOPHE
des choses, & des personnes ; quand il faut direà un homme , séduit par son amour propre ,qu'iì n’est pas ce qu’il croit être ; quand il fautdistinguer le vrai mérite de celui qui est faux, ouqui n’est qu’apparent ; je le repete, c’est un pri-vilège qui appartient en propre à notre Famille,& qui y est entré par le mariage de l’un de nosAncêtres avec une fille de (a) Scoggin fameux Ba-ladin du dernier Siécle.. Que l’on ne me disputepas ce droit , & je laisse aux autres tous leurssecrets, & toutes leurs spécifiques.
Je ne veux pas dire pourtant que je renonceaux privilèges naturels qui m’appartiennent en qua-lité Anglais. Je prétens auíìì en faire (b) uneLoi pour naturaliser les Etrangers , je me croisfondé en justice, à adopter les pensées Françoi-ses qui me paraîtront dignes d’entrer dans mesOuvrages. Mr. de la Bruyère est, entre autres, unAuteur dont je me servirai au besoin. Le dernierCaractère que j’y ai lû , est celui de Timon, (c),, Timon, dit-il , est le plus généreux de tous les
„ hom-
(a) Scoggin etoit lin Bouffon fameux fous le régné deJaques I.
(b) C’étoit un acte de Parlement pour naturaliser sansfraix tous les Protestans Etrangers. La révocation de cetActe fut un des premiers foins du Ministère du Comted’Oxford.
(c) J’aí cherche' ce paslage dans les Caractères de Mr,DE La BRUYERE, fans l’y pouvoir trouver. Mr. Steelelui a prête' ces paroles pour mieux cacher la censure indi-recte qu’il adreffoit apparement àquelquesGentilshommesAnglois. Bien des gens soupçonnèrent qn’il désignoit leDucd’Ormond, dont tous les Domestiques fe font enri-chis a ses dépens.
V