NOUVELLISTE. Art. XII.
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pouvoir sont portés si haut, que si tout s’y éle-vé à proportion, on doit y’attendre à y voir bien-tôt régner le goût le plus délicat & le plus épu-ré dans les Spectacles, dans les Divertilsemens pu-blics, & dans les autres Plaisirs de la vie. Je neíai par quel malheur ceci n’est point encore ar-rivé; ne te dissimulons pas; nous voyons actuel-lement le contraire. Examinez bien cette Capita-le, & vous trouverez par tout, que la débauche& la dissipation y passent pour un agréable com-merce, que PAthée qui fuit les réflexions, & PY-vrogne qui n’en peut faire, prennent le titre dePhilosophes libres & désintéressés; que les Joueurs,les faux-Plaisans , les Conteurs de bourdes , lesJureurs, & vingt autres Insectes semblables , for-ment les beaux Esprits de nos jours. La choseest si vraie , qu’un Homme qui aura été seule-ment six mois hors de Ville , n’y entendra plusrien à son retour, & qu’il n'oseroit même y par-ler sens commun s’il n’a auprès de lui quelqueami tout prêt à le soutenir. II s’est passé aujour-d’hui dans le Caste de White une scène de cettenature. Je Pai écrite sur le lieu même, du mieux:que je Pai pu dans un Endroit public. Les Per-sonnages étoient Airs. Pip & Trimner , deux Jou-eurs de profession, qui se sont ruinés aux Cartes,& qui ne se soutiennent plus que par les toursde friponnerie qu’ils y ont appris à leurs dépens.Des deux autres , l’un étoit Mr. Acorn , honnêtehomme Anglois du vieux tems, & tout fraîche-ment arrivé de Province, & Mr. Pr'mdlyj hom-me de bon sens, & fort raisonnable.
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