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LE PHILOSOPHE
sur tout, & qui vous surprenoient de tems entems par d’aimables saillies, A cette espece de Bouf-fons, ont succédé ceux que l’on appelle à présentdes Mordeurs , gens insipides , qui vous donnentgravement une bourde, & qui vous rient ensuiteau nés, si vous avez eu la simplicité de les croi-re. Au lieu de ces fins Railleurs , qui fans fairesemblant de rien vous portent des coups délicats,& vous obligent vous-méme à rire d'un mot quivous déconcerte, on ne voit plus à cette heure,que des Esprits malins , qui vous flattent pour é-pier vos foibleíTes, & qui courent ensuite les Co-teries pour en faire un plat à toute la terre. Necherchez plus dans cette Ville les gens d’esprit ,de savoir, & de bon - sens que vous y aviez lais-sés ; vous n’y rencontrerez que d’impudens ani-maux qui donnent dans le vice tète baissée; quisuppléent à leur ignorance par leur eifrpnterie ; &qui couvrent leur manque de savoir, par le mé-pris qu’ils font des Savans.
ACORN. Vous nVen dites trop, mon cherMonsieur , ce que je viens d’entendre m’afHige.Mais puisque ce désordre est de fraîche date, nosPoètes ne pourroient-ils pas le corriger ? Quoi deplus facile pour eux que d’en exposer le ridicule,& que d’en guérir tout le monde ? Le Théâtrepourroit-il avoir occupation plus belle , & plusutile ? La matière ne manque pas.
FRIENDLY. Oh ! de quoi me parlez-vous ? IIn’y a rien à esperer de ce côté-là ; je conviens quece remède seroit excellent, s’il étoit bien ménagé.Mais le Théâtre même est dans un désordre ter-rible. L'Histoire vous en navreroit de douleur.
C’est