LE PHILOSOPHE'
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riche Bourgeoise qui à perdu son Mari que c!e«puis six semaines. Soit aversion pour la solitude,ou curiosité naturelle, il lui tardoit de sivoir sielle en auroit un second, & c'est ce qui Hamenoitchez le Devin. Entrant chez lui, & voulant luiparier la même Langue dans laquelle on devoirlui répondre , elle leva deux doigts ouverts furson front en guise de Cornes. Le sorcier répon-dit à cela par le même signe, mais fait des oeuxmains à la fois. Ces doubles Cornes embarrassè-rent la Belle qui ne fut ce qu’elles vouloient dire.Elle crut donc qu'il valoit mieux se servir de laLangue qu’elle avoir apprise de sa Mere, & pouréviter l’équivoque, elle pria l’Oracle de s’expli-quer, si c’est qu’après avoir eu un Mari, elle enauroit une autre, où si elle devoir encore en a-voir deux nouveaux. Voilà mon Homme qui faitdes postures de Démoniaque. Babet , Confiden-te & Soubrette, tire fa Maîtresse par le manche,& lui conseille tout bas de donner une secondeGuinée. On la donne , & le Devin plus tran-quille fit alors connoître assez intelligiblement quela Dame pousseroit jufqu’à un troisième; mais en-fin, par quelques branlernens de. tète & secou-ant les deux oreilles , il lui fit comprendre queces deux derniers Maris ne feroient pas de vieuxos, & qu’ellë auroit bientôt le chagrin de les met-tre en terre. Cette triste nouvelle fit pousser quel-ques soupirs à la Veuve, & ne l’empêcha pas dedonner une demi-Guinée à celui qui venoit de lalui annoncer.
Instruite ainsi de fort fort, elle se hâte de leremplir, & pour faire de promptes conquêtes,
élis