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LE PHILOSOPHE
„ eietè Royale, (a) Cet Homme vint me visiter le,» Z2 jour de ma vie, Sc dit d’un air de consian-„ ce qui persuada, que j’étois mort fans ressouS,, ce, si l’on ne me baignoit pas dans Peau froide.„ En partant, il apperçut un Baquet rempli de cet-„ te liqueur. II courut m’y plonger la tète la pre-„ mière: J’eus le bonheur de m’y noyer. Je dis,, le bonheur; car ce coup m’ëpargna bien des„ maux & des crimes. Je devois essuyer la ía-,, tigue Sc la pédanterie des Ecoles jusqu’à Page„ de 1 6. ans; courir les lieux de débauché jus-„ qu’à vingt-cinq , Sc languir avec une méchante„ Femme jusqu’à soixante. Tel auroit été mon„ triste sort si Penchántement qui lie PAme au„ Corps n’avoit pas été rompu par ce profond„ Philosophe. A présent je suis obligé de couler„ le temps, qui manquoit à ma vie, en prenant, 5 foin des vivans. Si vous voulez, je vous ac-
com-
(a) L’Auteur veut parler du Chevalier Jean Lloyd ,Me'decin de Litchsield, connu par plusieurs Ouvrages, âcqui a beaucoup contribué à rétablir l’ufagedes Bains froids.Cet usage n’avoit pas été inconnu aux Romains , commeon le peut voir dans la note de Guill. Baxter fur Horace ,Epist. Lib, I. Ep. XV. Ces bains froids avoient auílì étéusités en Angleterre avant son Christianisme. Les Moinesconsacrèrent aux Saints & aux Saintes, les Eaux que lesPaïens avoient consacrées à leurs faux Dieux, & firent lesmêmes guérisons miraculeuses. La superstition étant détrui-te dans ce Royaume par la Réformation, l’on oublia pres-que tout à fait la vertu naturelle des Sources froides, jus-qu’à ce que les Médecins, il y a quelques années, les remi-rent en vogue. Il en est arrivé de ce remede comme desautres; quelques Personnes en ont été guéries, L d’autrescn ont empiré.