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LE PHILOSOPHE
en m’adressant la parole. Mr. Bickerstafs, me dít-elle après s’ètre un peu composée, vous voyez, icila Femme du monde la plus malheureuse. Je m’adres !
se à vous pour chercher un remède à mes maux. Vous \
êtes en réputation de savant Lègifie , és de profond Astro- '
logue i f ai besoin de votre secours de vos lumières j
pour me séparer de mon Mari. Le Divorce que je de-mande eji fondé en raison , sts je sai d’avance que, se- :Ion les Loix municipales , la cause en est juste. Mada-me, lui dis-je, le mal dont vous vous plaignezest de telle nature que je ne saurois vous'répon- jdre que vous ne m’ayez instruit à fond de Paf-faire. II faut, s 3 il vous plait, que je fâche de quoi jil s’agit, & si vous voulez bien m’en faire confi-dence, je vous prie.de ne me rien déguiser. Mon-fieurj me repiiqua-t-elle, je me reposois fur votre sa-voir , ss ne croyois pas qu’il fut besoin de vous direpourquoi une Femme veut être séparée de son Mari. Ilne J'aut pas être grand Sorcier pour le deviner. Vousavez raison Madame; lui répondis-je , mais puisquevous voulez porter la chose en Justice, il ne suf-fit pas que Pon puisse avoir des soupçons Sc desconjectures. Je dis plus : Quand bien vos Avo-cats auroient une évidence entiere de la chose, ilsne pourront rien faire pour vous, si vous ne par-lez pas vous-mème. Hé bien ! reprit-elle en se cou-vrant les ■ yeux de son Eventail, mon Mari n’estpas plus Mari que le seroit un des Italiens qui chantentà tôpera. Un torrent de larmes suivit ces paro-les.
Je vois bien, Madame, repliquai-je , que (a) nos
Loix
(a) Ceci est plutôt une ironie qu’une vérité. Il n’y a
qu’un