LE PHILOSOPHE
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primés. Comment íaifoit le grand Homme queje viens de nommer ? Dans le Renard, cet habilePoète donne à tous ses Personnages les mêmesvues, & le même motif. II les fait tous agir parintérêt. Mais il diversifie merveilleusement les ca-prices & le jeu de la même Paillon. Selon ladiversité des gens qu’il introduit fur la Scène, ilssacrifient tous à PAvarice, Pun fa Femme , Pati-tre fa Profession, & un troisième fa Postérité. Maischacun le fait à fa mode , & Pon ne peut assezadmirer qu’un seul Homme ait pû se former tantd’idées de la mèma chose, Sc distinguer íì heureu-sement ces idées les unes des autres.
Que c’est une sotte engeance que les Poètes !Que gagne-t-on à leur donner des avis ? Je neferai que m’en attirer la colère, & j’en vois dé-jà qui me menacent. J’ai appris de bonne partque (a) l’Auteur d’une Pièce intitulée , U Amourdans m Arbre creux, a critiqué la Feuille volanteou je parlois de la Vérité nue. Si cet Homme làcroît que je me fuis trompé, qu’il écrive , à labonne heure -, je ne saurois Pen blâmer , & je croimême qu’il est utile à la République des Lettresque Pon donne la chasse à toute forte d’erreurs.Tout ce que je demande est qu’il m’attaque à ar-mes égales, & qu’il n’aille pas appeller à son se-cours des Personnes dont le nom seul m’impose-
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(a) Cet Auteur étoìt'un Homriie de grande qualité,dont je n’ai pû savoir le nom. Sa Pièce étoit si mauvaise,qu’il çn fit supprimer tous les Exemplaires, «'épargnantpoint la dépense pour cette suppreílion qui lui coûta mê-me sort cher. Mr. Steele fait ici semblant d’ignorer lahaute naissance de celui qu’il attaque.
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