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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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220 LE PHILOSOPHE

„ ra la vie pour deux jours tout au moins; a.„ près' quoi j’espere que la Nature se rétablira,, d’elle-mème, ou que d’autres mains plus habi,„ les ne vous refuseront pas leur secours. Com,„ plimens à part, je vous conterai donc ce qui„ vient de se passer dans notre Ville. La chose„ est assez singulière, & le Public en doit être in,„ formé,

,, (a) Nous avons ici trois Filles qui furent„ déterées au Magistrat Samedi dernier en quali*,, té de Sorcières. Les Témoins déposèrent con-,, tre la première qu’elle tient renfermez des Esi>„ prits qui paroissent quelquefois tout en feu &„ jettant des fiâmes bleuâtres; qu’elle a des Her-,, bes enchantées avec quoi elle attire tous les„ jours à fa Maison quantité d’Hommes qui en„ sortent la bouche brûlée, les lèvres écumantes ,,, l’haleine infectée, & que par la vertu magique„ de ces Herbes quelques Hommes font métamor-„ pholes en Pourceaux, se vautrant dans la boue„ pendant plusieurs heures, avant que, de pouvoir,, reprendre leur premiere forme.

„ On accusa la seconde de mettre en pièces„ les corps de certains pendus , de faire ensuite„ des trous dans ia terre , & d’y enterrer ces,, morceaux de chair , en marmottant quelques„ paroles d’enchantement,

„ Les Informations portoient contre la demie-„ re, qu’elle fait avec de la pâte des figures d’Hom-mes, de Femmes & d’Enfans, & que ces Figu-

„ res

(a) Tout ceci n’est que fiction pour tourner en ridicu-le, la crainte que le petit peuple, a des Sorciers, & lebruit qu’on en fait quelquefois dans les Cours de Jutiice.