NOUVELLISTE. Art. XXIII. 237
encore trop obscur pour avoir pénétré jusque dansvos Etats. Mais n’y ayant pas un seul Habitantde L "Europe qui ne se ressente pour quelque choiede l’influence de vos Actions , ce n’est pas tantmon intérêt personnel que celui du genre humainque je plaide, en me plaignant à vous-même devotre procédé. La Multitude, éblouie de l’éclatqui environne les Souverains fur le Thrône, croit,à la vérité, qu’il ne doit être permis à personnede blâmer ce que sont de grands Princes, ou que,fi le droit en appartient à quelqu’un, ce ne peutêtre à un petit Particulier dont l’approbation && les censures font égalemert méprisables. Maisvotre Majesté fait mieux juger des choses. Le foin,que vous avez pris, pendant tout le cours de vo-tre Régné, de faire fleurir les Sciences, montreassez ce que vous avez cru des Gens de Lettres,qu’il s font les Distributeurs de la Gloire, qu’ellepasse par leurs mains aux siécles suivans; & quefans eux il n’en est point qui puisse être solideou durable. Par rapport aux Hommes même, quifont la plus petite figure fur le Théâtre du Mon-de , la vie est trop courte pour y borner fes vues.Notre Ame ine peut se renfermer dans ces étroitesbornes. Elle; mesure ses désirs à la durée de sonexistence , &; cherche à vivre éternellement avechonneur dans; la mémoire de la Postérité. Cetteespece d’immortalité, à laquelle tous les Hommesaspirent, est un des plus nobles motifs qui animent& qui soutiennent la Vertu.
Si l’gíFët n’y répond pas toujours, c’est en par-tie la faute des personnes qui érigent des Monu-*nens à l’honneur des Hommes illustres. Les Hi-
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