2s4
LE PHILOSOPHE
„ tre le beau Sexe ; ils ne font que de minaude-„ ries; ils reçoivent leurs visites au lit, & s’étu-„ dient à mille autres gentillesses semblables qui,, ne me paraissent avoir ni sens ni raison. Je,, vous écris donc , Monsieur , pour vous prier„ d’exclurre de notre rang cette nouvelle eípece„ d’Hermaphrodites.
„ J’ai encore un autre grief à vous communi-,, quer. Le mal n’est pas lans remede, il n’y faut„ qu’un peu de prudence. Voici ce que c’efl.,, Depuis quinze jours que l’on dit par tout que„ la Paix va se conclurre, un nombre infini de,, jeunes gens font allez joindre notre Armée en,, qualité'de Volontaires , & se font vantés en par-„ tant de couper les oreilles à tous les François.,, Ces Braves-là pourraient bien s’être mécomp-,, tés. Si la Guerre continue , nous les reverrons„ ici au premier jour, & gare un déluge d ’Hom-„ mes du bel air qui vont rafiner fur la mode des,, Poches & des Perruques. Ils supplanteront le,, vrai mérite, & confondront tout si vous n’a-,, vez pas la bonté de leur aiíîgner un rang à part.,, Je ne puis m’adresser , Monsieur, à personne„ qui soit plus propre que vous pour prévenir,, cet abus, & j’ose vous assurer que je parle au„ nom d’une grande quantité de gens de ma dis-„ tinction.
Mon Correspondant a raison ; il ne doit pas ê-tre mis dans la foule ; mais le titre â’Homme du belair ne lui convient pas. Celui d , Eveillé lui con-viendra mieux. Le Drôle a trouvé le secret d'al-ler à la Comédie sans qu’il lui en coûte jamaisrien. On voit en cela son économie. II met ses
En-