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LE PHILOSOPHE
eu 'lui de grand A d’aimable sait- une espece decompensation pour ses foiblesses.
Mais combien voyons-nous, dans ces lieux,de sots Impertinens qui s’essorcent de devenir ceque cet Homme-là souhaite de tout son cœur den’ëtre point? Ce sont ses Singes & ses Imitateursqui font tout le désordre qui se sait (a) dans ceQuartier fur les six heures d u soir. Cela seul, sije ne me trompe , devroit corriger un Hommequi a du sens. Quand on voit des Copies si hi-deuses de foi-même, ne doit-on pas avoir hontede l’Original, & prendre garde à mieux regler desactions qui peuvent servir de modèle? Ne pen-se-t-on point que celui qui montre le chemin auxautres se rend complice du crime de tous ceuxqui le suivent, & que la contagion de l’exempled’un Vêtit - Maître s’êtend plus loin qu’on ne lecroiroit ?
A ce propos, observons que les Vices où l’ons’engage par imitation , & que l’on tient , pourainsi dire, de la seconde main sont toujours lesplus choquans. On ne peut donc comprendreque des Hommes, qui paroiíTent avoir encore lesens-commun, puissent être assez fous pour trou-ver, dans ces mauvais Exemples, des charmes quiles entraînent contre leurs lumières. C’est-là ce-pendant ce que l’on ne voit arriver que trop tousles jours. Tel est le bizarre caprice de bien desgens qu’ils veulent être ce qu’ils ne font point.Cela fait qu’ils abandonnent un genre de vie qui
leur
(a) C’est environ à cette heure-Ià que les gens de qua-lité qui demeurent près de la Cour, sortent de table , &prenent le chemin de* Castes, &c.