Buch 
Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
Entstehung
Seite
329
JPEG-Download
 

8O8

LE PHILOSOPHE

Monsieur , lui dit-elle, vous nie prenez aparemmentpour une nuire ; je ne m'appelle pas Isabeau, niais Su-sanne, à voire service. Le Gaillard lui ayant sait detrès-serieuses excuses de cette méprisé; Oh l Afon-fieur, lui repliqug-t-elle , .vous êtes trop bon, & jefuis confuse de vos honnêtetés. La faute que vous avezfaite ne les mérite pas ; car j'ai une Cousine germainequi porte le nom que vous me dormiez. En vérité,raprit-il, je vous faì bon gré de ce que vous vf appre-nez. Je n'ai parlé a’’abord qu'au bazar d ; mais puisqifil f en eji fi peu fallu que je ri’aie eu lhonneur devous- connoitre, permettez-moi de vous prefenter ces Aíef-jìcurs. A ce mot toute la Troupe franchit la por-te , & chacun en entrant salua familièrement labelle Touriere, qui les laissa faire, ne sachant cequ’elle faisoit elle - même.

Pendant ce tems-là, les Dames étoient aux é-coutes, & frémissoient de colere, à la vue de l’in-solence de cette Jeunesse. Ne pouvant plus di-gérer cet affront, la Principale crut qu’il falloitparoltre pour laver la tète à ces étrangers , & pourles faire sortir. Elle se nommoit Madonelle, fon-datrice du Couvent, & Auteur dTm Livre, oùelle avoit fort exalte les avantages de la vie Mo-nastique. La voyant avancer, le Petit Maître sedétaché pour lui faire le compliment au nom detoute la Compagnie. L’accueil qu’on lui fit au-roit démonté tout autre Homme que lui. Je voustrouve bien hardis, lui dit d’un ton fier cette jeu-ne Philosophe, de mettre les pieds dans notre Aíaifon.La Servante ne vous-a-t elle pas dit de notre part quenous avons consacré cette Retraite à la Méditation, &que nous nf voulons point d*Objets qui nous éloignent