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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXXIII. 321

fiâmes pures, qu’amour éternel, que ravissemenssuprêmes , & autres images pareilles que les scé-lérats empruntent du Ciel, pour servir de prélu-de à des actions infernales. Comme j’étois enco-re affile fur le Gazon, d’où je n’avois pas eu laforce de me relever , ce téméraire eut Pinfolen-ce de vouloir me prendre entre ses bras. Alorstie pouvant plus douter de mon malheur, & dansmon désespoir ne pouvant plus recourir qu’à lagénérosité de mon ennemi, je fis un effort pourme débarrasser de ses mains, & pour me jettecà ses pieds, Ah! Mylord , lui dis-je, ayez pitié demoi, je vous le demande à genoux. Que ne puis-jeie faire plus humblement, & d’une maniéré plus propreà vous toucher ! Oui Mylord, je me mets à vos piedspour défendre ma Vertu, comme vous vous êtes mis tout*à-f heure aux miens pour f attaquer. Sacrifierez-vous.à f indigne plaisir dlun moment , toute Vinnocence , toutle bonheur de ma vie ? Vourrez-vous vous refoudre àplonger dans le crime , me personne qui vous aime, quivoûs chérit , qui vous adore d Naura-t-on pris tant depeine pour n?élever à la Vertu , pour former metSaisons N.’aurai-je moi-mème cultivé Jl soigneusementces semences de téducation , que pour devenir le jouetde vos pajjìons, & le mépris de tout le monde ? Aunom de Dieu , Mylord, rappeliez ce que vous êtes ffice que je fuis. Ne profanez pas un Temple consacré àf honneur, & sanctifié par la Religion. Si je vous aiojjhifé, percez-moi le sein, je ne iríy oppose pas. Queje meure d!une main fi chere, fans me voir ravir parelle ce qui r nie fl plus cher que la vie.

La douleur m’empêcha d 3 en dire davantage,mais j’en avois dit assez pour émeuvoir mon A-

X mant.