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LE PHILOSOPHE
Patiens, des Certificats de leur guérison & de monhabileté, & si peu instruis le monde, c’est moinspour mon avantage particulier que pour futilitépublique. J’ai guéri Mile. Spy d’un grand défautqu’elle avoir dans la vûe. Ce défaut étoit detourner perpétuellement les yeux d’un Objetà l’autre avec tant de langueur , qu’eiie don-noit aux Galans plus de vanité que d’amour. Vingtgoûtes de mon Encre, placées en certaines lettresque je lui fis regarder -fixement pendant une de-mi-heure, lui ont rendu l’ufage naturel de la vue,qui consiste à nous guider, <St non à nous égarer.Depuis qu’elle a pris de cette Liqueur, que j’ap-pelle, \'Eau de circonspeSion, elle regarde droit de-vant elle, & seroit exposée, pendant un jour en-tier , à tous les Lorgneurs de la Ville, qu’elle neleur dónneroit pas un coup d’œil. Cette Eau amême cette vertu singulière qu’il n’y a point deFard qui embellisse plus un visage , ce qui doitnéanmoins s’entendre avec quelque distinction. Tel-le en est la qualité, qu’elle vous rend laide jusqu’àla difformité, si vous consultez votre Miroir dansPunique dessein de vous admirer vous-mème, &que, si vous ne le faites au contraire que dansla vue de plaire à vos Amis, elle répand de nou-velles grâces fur toute votre personne. J’avouépourtant que cette opération dépend en partie dela disposition des gens qui prennent le remède.Vous le donneriez inutilement dans le fort del’ac-cès. Une nouvelle Mariée de quinze jours, uneDame dont le Mari vient tout fraîchement d’ètre
fait
ri telle ou telle personne de-certains maux qu’ils spécifient,en ajoutant même souvent des Certificats qu’ils tirent despersonnes qu’ils ont guéries.