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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXXV. zzs

quelque chcfe qui va y heurter, ainsi lors qu’u-ne Personne s’apperçoit que ses pensées font tou-tes sorties , il est naturel qu’il en fasse rentrer denouvelles par une poudre qu’il porte à l’endroitle plus prochain du Cerveau, & cet endroit-làne peut-être que les Narines. La chose est si évi-dente - , que ù Nature suggéré cet usage a propor-tion du besoin que les gen$ ont de cette Mede-'cine, indépendemment cïu pouvoir de la Mode.On comprendra mieux les Exemples. Les Habi-tans naturels de YHibernie, qui ressemblent, à peuprès, aux Eœotiens d’autrefois , prennent plus deSpecifique, qu’aucun autre Peuple qu’il y ait dansle Monde; ce qu’ils ne font fans doute que pourremplacer par le dehors ce qui manque au dedans,& le lavant Sotus, tout avare qu’il est de ses pa-roles, garderait un silence encore bien plus obsti-né si ce n’étoit pour la grande quantité de Tabacdont il use.

Cette Coutume est donc, à mon sens, la mar-que d’un Esprit pesant ou stérile, & l’emploi despersonnes qui ne savent que faire de leurs doigtsni de leur Cervelle. Je connois pourtant une esipece d’Etres encore inferieure à la précédente. Jeveux parler des gens qui vivent d’emprunt pourle Tabac, & qui ne portant jamais de Boëtc fureux, font toujours à vous demander une prise dela vôtre. Ces pauvres malheureux me rappellentune phrase fort commune dans les Ecoles Anglai-ses , où les Eníans qui ne se sentent pas assez ha-biles pour faire leur Thème , s’ad ressent à ceuxqui font plus avancés pour faire leur ouvrage ,en les priant de leur damier m peu de sens. Mais