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LE PHILOSOPHE
les Principaux se mettent des Escarpins, & se: dé-pouillent jusqtsà la Chemise , pour montrer quetout se sait en honneur. Dans cet état ils com-mencent à se pousser des bottes.
LE CHEVALIER. Et les Seconds , Mon-sieur, que faisoient-ils?
LA PLUME. La coutume avoit été jusqu’àce jour-là qu'ils demeurassent tranquilles Specta-teurs du combat. Mais vous saurez que les E-pées d’alors étoient fort longues ; que les deuxCombattans sembloient se tenir tous deux for ladéfensive; & qu 3 il faisoit grand froid. Le Majors’ennuyoit, & se geloit. II proposa donc à Vau-tre de se pousser quelques Coups, pour réchauf-fer, en attendant que les autres euílènt vuidé Jeurquerelle. Celui-ci, qui étoit aussi un Vert galant,tope à la proposition. Les voilà donc tous deuxaux prises. Le Second du Cornette perce le Ma-jor , le désarmé, & courant ensuite aux Principaux,il les séparé, avant qu’ils se fussent sait aucun mal.
LE SAGE. Et ne se'moqua -1 - on pas duMajor?
LA PLUME. Point du tout, Monsieur. Aucontraire son Exemple passa en coutume, & toutSecond, qui avoit quelque honneur, ne pouvoitplus se dispenser de se battre. Je vous laisse àpenser , si les Sinarts , & les Modisb , qui trou-voient leur compte' à cela, s’y opposèrent.
LE SAGE. Mais, Monsieur, cette coutumedura-t-ellî long-tems?
LA PLUME. Non Monsieur; car aussi-tôtqu’elle eut été bien établie, les gens qui se piquoientde cœur,auroieut cru être déshonorez si au moin-dre
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