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LE PHILOSOPHE
Idiot pout être un peu Fripon, & que l’abus quise fait de la Raison n'est pas une moindre inca-pacité civile que la privation même de cette Rai-son. Je l’ai averti qu'on ne lui passeroit pointcet Article. Mais les gens d’esprit ont si bonneopinion d’eux-mèmes, qu’ils ne prennent conseilde personne. Celui-ci s'en tient- à l’autorité deSalomon , qui prend les termes de fou , & de méchantpour des Expressions synonymes, & qui donnele nom commun áe folie à tous les oublis actuelsdu devoir. Fier d’une décision qui lui paroît siclaire, il en conclut invinciblement que les Fripon-neries de POncle n’empêchent point qu'il ne soitun homme d mettre aux petites Maisons.
Comme on s'entretenoit de cette afíàire, dansla Salle, de ce Cassé , où il ne vient guére quedes Beaux - Esprits , un jeune Avocat a dit gra-vement qu'il ne falloit pas confondre les fous avecles imbecilles -, que la Regie des premiers apparte-nois à la Chancelerie, & que celle des autres re-gardent la Couronne. Cê Paradoxe a mis pres-que tout le monde en colere , & Pon ne croi-roit pas combien on s’est récrié contre le Juris-consulte. Vraiment , a dit entr'autres le vieux Ro-drigue , vous nous la baillez belle avec vos distinBions !Quelle en est la raison , Pi/ vous fiait ? Pourquoi vou~lez-vous que /'IDIOT soit un Courtisan flutòt que leLUNATIQUE De mon tems âètoit le contraire, (a)Les Fous brilloient plus à la Cour que les Sots. On nesst mettoit en réfutation $ esprit qu'autant que Pon ê-toit Garnement , Batteur de f avé , que Pon faifoit lu
nuit
. (a) L’Auteur veut parler de la Cour de Charles II.dwt la débauche fut très-grande & très-publique.