NOUVELLISTE Art. V.
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yant son Camarade endormi, lui coupa la tète,& puis la cacha pour voir ce qu'il diroit à sonreveil de ne la pas retrouver. Croire qu’un Hom-me qui se reveilleroit en cet état, seroit sort é-tonné de se trouver sant tête : c'est penser sortjuste. Maïs s’imaginer que l'on puisse se reveilleraprès que la tête est coupée, voila l’Imbécillité.Le Fou procede autrement, il se croit Prince, &en cela il se trompe. Mais il ne se trompe pointdans les conséquences qu'il tire de ce faux Princi-pe , il fait le Prince, il parle en Prince, il veutqu'on le traite en Prince , & tout couché qu'ilest fur la Paille il entend que son rang soit respec-té. On renferme ces deux Espèces d'Hommes.Mais pourquoi en tolérer tant d’autres qui étantcapables de poser vrai, & de conclure bien, sontnéanmoins tout à la fois, & Fous & Imbéciles?
De mon Cabinet k n. Juillet.
Quelques Dames font venues rendre visite cesoir à ma Sœur. La Conversation, qui n'a d'a-bord roulé que sur des choses indifférentes, ouque fur les Nouvelles, est enfin tombée fur lagrande affaire du Sexe. On voit bien que je veuxparler de l’amour. Sappho , qui prime toujoursdans ces occasions, y a étalé ses Lectures. Ilne se peut rien de plus tendre , a-1-elle dit, que cequi se trouve dans SUCKLING, dans MILTONfur le même sujet. Dans hm és dam f autre , il s'a-git d’exprimer la respeBueufe passion d’un Amant ver-tueux. Le premier dans fa Tragédie, intitulée BREN-NORAUT , introduit le Galant qui s , ejl glissé douce-
Tonie II. C Tuent