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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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LE PHILOSOPHE

nombre d’Etres, qui marchent, comme nous, furdeux Pieds , & qui n’ont guere que cela de com-mun avec nous ? C’est ie cas de ces Esprits toutCorps avec lesquels j’ai passé la soirée. Toutleur sait n’est que mouvement & que force. Oque leur bruyante bonne humeur m’a sait regret-ter l’aimable Compagnie où je me trouvai la se-maine passée ! Florio en étoit. C’est un Hommequi n’interrompt jamais les autres, & qui ne par-le jamais lui même qu’on ne soit fâché qu’il fi.nisse. II tire toujours du sujet meme de la Con-versation , toutes les belles choses qu’il dit, fansqu’il y laisse entrevoir le moindre dessein de bril-ler. Chez lui ces belles choses coulent de sour-ce, & vous ne diriez pas qu’il s’en appercoive.D’aílleurs il ne lui échappe jamais rien de déso-bligeant pour personne, ce qui doit moins ve-nir dc la connoissance qu’il a du monde, que dela bonté de son cœur. Auíïì n’y a-t-il point deCommerce qui soit plus recherché que le sien.La Conversation d’un Homme de ce caractèreest toujours agréable, parce que les agrémens s’endoivent bien plus à la bienveuillance qu’à la cir-conspection.

II y avoit, avec lui un Vieillard , qui est lemeilleur homme du monde , & de la plus char-mante Compagnie. La bonté qu’il a pour lesjeunes gens, quand il s’en rencontre aux lieux oùil est, lui en attirent le plus sincere respect, &déja très-estimable pour les bonnes qualitez qu’ilpossede , il le devient encore davantage par le sup-port qu’il témoigné pour les foi blesses d’autru i.On sent qu’il aime mieux donner des exemples,

que