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L’Ainée, devant être, à son avis, la plus riche,il se déclara pour elle, & comme la timidité n’est;guere le partage des Sots, celui-ci rendit d’abordses recherches si publiques que tout le monde é-toit dans fa confidence. Cet éclat flatta la Vani-té de la Belle qui s’en fit un sujet de triomphe.Imaginez vous un Procureur qui n’a qu'un pro-cez dans son Sac. Une Dame qui n’a qu’un A-mant n’est pas moins empressée. C’étoit donc en-tre ces deux personnes , à qui se mettroit le plusau-dessus du qu’en dira-t-on ? En quelque endroitqu’ils se rencontrassent , ils s’entretenoient touthaut de leur petites affaires: Au Bal ils ne dan-soient point avec d’autres ; à l’Eglise ils se saluoientdans les Actes les plus sacrés du service Divin,& pour tout dire en un mot, ils se faisoient, àla face du Public, toutes les Minauderies que s’ypeuvent permettre des gens, qui s’estiment beau-coup , & que tout le monde méprise. C’étoiel’opinion générale que la Nature elle - même lesavoit faits l’un pour l’autre, & que jamais Cou-ple ne pouvoit être mieux assorti. Mais la veil-le eue cette Union, si universellement approuvée,devoit se faire , la Cadette trouva le moyen dela' rompre. Elle envioit à son Ainée cette bon-ne fortune. Ayant été sa Confidente elle n’avoitpu voir le Chevalier si souvent tète à tète avecsa Sœur, sans en être éprise elle-même. Ce n’é-toit qu’un Fat, à la Vérité; mais enfin il faut bienqu’l y ait des Femmes qui soient faites pourdes gens de cet Ordre. Cette Cadette donc audésespoir de perdre un si bon Morceau fans re-tour, découvrit alors à Trippet , qu’un grand fond
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