NOUVELLISTE. Art. XII. 91Bu Café Grec, le 27. Juillet.
Dans mes differentes capacitez d’Astrologue,de Jurisconsulte, & de Médecin, je cherche tou-jours le bien du Public. C’est á quoi se termi-nent tous mes travaux, & toutes mes Veilles.Dans cet Esprit je communique aujourd’hui unspecifique infaillible pour les. maux de la Rate.J’en ai sait tout récemment l’essai sur un de mesbons Amis dont la cure est tout-à-fait singulière.A force de gayeté excessive, Spindle avoit épuisétout le fond de sa belle humeur, & de ses Es-prits animaux. II étoit dans un abbatement in-croyable. II ne lisoit plus que le Livre des Mar-tyrs , & que le Guide du Pelerin. S’il s’occupoitde quelque autre chose, ce n’étoit tout au plusque de la couleur de ses Urines, & que du mou-vement de son Pouls. L’ayant appris dans cetEtat, j’allai lui rendre visite. J’y trouvai le savantMt. Bragme , & une bonne Vieille qui gardoitmon Ami. Le Médecin lui prescrivoit des Maga-zins de simples, & des Mines entieres d’acier. Pourmoi je découvris d’abord la Maladie , & je fistant par mes raisonnemens que je fis convenir lePatient & la Garde que les Vapeurs hypocondri-aques ne se peuvent guérir que par la Poésie.Apollon , le Pere de la Médecine, est aussi le meil-leur des Poètes, & comme je me fuis produit,dans le monde , fous ces deilx Endroits, je íaï,paE expérience , que la Cadence l’emporte sou-vent par sa douceur sur les Remedes les plus estimés.Lorsque les Esprits font suffoqués, & que la Na-ture est comme épuisée, la Muse reveille, Sc sait
tout