io4 LE PHILOSOPHE
„ vorables. De là vient que le Soldat & le Cour-„ tifan prennent Verifimilis pour Models , pen-„ dant que P Ombre en sert aux Marchands. Par-,, mi ces gens-là, Phonneur & le crédit ne font,, pas des choses estimables par elles-mèmes, ou„ que Pon recherche par un principe de Justice ;„ on n 5 y attache de prix qu’autant qu’elles font„ utiles à PAmbition ou au Commerce. Cepen-,, dant i! n’y aura jamais, dans le monde , ni„ ordre ni tranquillité, jusqu’à ce que les hom-,, mes soient bien persuadés que la Conscience,„ Phonneur & le Crédit doivent s’accorder , &,, que détacher Pun de Pautre c’est vouloir trom-„ per les autres ou se tromper soi - même.
,, L’Illusion, que Pon se sait là-dessus , ne re-,, gne pas seulement parmi les Ambitieux ou par-,, mi les intéressés: Elle excerce la mème Tyran-„ nie jusques fur le beau Sexe. Si vous deman-„ diez à Laïs ce qu’il lui en a coûté de remords„ d’avoir préféré Phonneur à la Conscience , elle„ vous repondroit, que Phiver dernier elle a bû„ plus de deux Pots des (a) goûtes de Daffapas ;,, que la crainte d’être Mere la fait secher de,, langueur ; &. qu’elle ne sçait point, si au mo-„ ment qscelle sera sûre d’être enceinte,. elle ne,, prendra pâs le funeste parti d’ètre homicide.„ Ne m’avouerez vous pas que si la Conscience,, avoit eû , sur son Esprit, autant de pouvoir,, que Phonneur, elle rPauroit point fait la pre-„ miére démarché qui la rend malheureuse , &„ qu’à l’heure qu’il est , elle seroit encore aussi
„ inno-
( 2 ) Potion dangereuse pour le fruit des Femmesgrosses.