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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XVI. 121

„ gez par là de quelle utilité seroit dans le mon-„ de un Homme de ce Caractère, pourvu que„ l’on voulût profiter de ses Leçons. II n’y a,, ni Maître de Danse, ni Grammairien, ni Pro-,, felseur de Rhétorique, qui put mieux corriger„ les fautes de Geste , de Stile, & de Déclama-,, tion. Vous le voyez par vous même. Cet„ Homme vous a peint en présence, d’une ma-,, niere fi fine, que vous n’y avez rien trouvé,, d’offensant. C’est là son grand Art. II mon-„ tre aux gens leur ridicule fans leur déplaire.„ Vos défauts vous paroissent aussi supportables,, en lui qu’en vous même. II est le premier„ Copiste qui ait sû donner à la fois le beau &„ le laid des personnes. On peut dire de lui ce„ que Dryden a dit , dans un autre sens , ' d’un,, très grand Homme. Il est un Abrégé , bien plus„ qu’un individu du Genre Humain. Peut-être vau-„ droit il mieux dire que cet habile Comédien„ constitue tout seul une Espece. II n’a rien de,, commun âvec les autres Hommes qu’autant„ qu’ils font pour lui des Objets à imiter. Ori-ginal en même tems que Copie , il ressemble àl’Oiseau connu dans les Indes fous le nom duMoquer, qui n’ayant point de chant à lui-mème,contrefait tous les autres. C’est même fort com-me même Talent. L’Oiseau recherché par la Li-noste, par l’Alouette, Sc par le Rossignol , n’apoint de plus grands Ennemis que le Corbeau, laBuse, & le Hibou. L’Homme pareillement esti-mé Sc bien reçu de Sopbronius , qui sent bien quesa Copie ne sauroit lui faire aucun tort, est in-supportable à Bathille , qui étant tout contraint

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